Lors de la séance plénière des 28 et 29 juin 2012, la majorité régionale a voté en faveur de la création des « éco-compagnons » affectés à la lutte contre la précarité énergétique, un projet proposé par les Conseillers régionaux socialistes.
Utilité sociale
La précarité énergétique est un phénomène touchant particulièrement les ménages les plus modestes qui rencontrent des difficultés pour vivre dans des conditions de confort normales du fait de l’inadaptation de leurs ressources et de leurs conditions d’habitat.
Ce phénomène s’est particulièrement développé en Île-de-France compte tenu de la tension du marché de l’immobilier et l’augmentation spectaculaire du coût de l’énergie.
La création des « éco-compagnons » marque le refus de cette nouvelle forme d’exclusion économique et sociale.
Nécessité environnementale
Compétente pour la formation des demandeurs d’emploi et le développement économique, la Région doit innover. Depuis un an, un processus transversal de délibération politique a été lancé en ce sens :
les Etats généraux de la conversion écologique et sociale. Dans ce cadre, des groupes de travail réfléchissent à des propositions audacieuses, en particulier sur la « formation aux métiers verts dans le bâtiment » : préparer nos territoires à l’économie de demain, celle de la sobriété énergétique et des emplois « verts », qui répondront aux besoins de nos territoires tout en créant de la richesse durable.
La transition écologique et énergétique prévoit l’impulsion et la pérennisation de filières « vertes », autour, en particulier, des politiques de maîtrise de la demande énergétique et de développement massif des énergies renouvelables.
Plus particulièrement, le plan national de mise aux normes thermiques d’un million de logements par an – avec la rénovation de 600 000 logements et la construction de 400 000 logements à haute performance énergétique par an d’ici 2017 – structurera un marché fortement pourvoyeur d’emplois, tout en contribuant à agir pour la maîtrise des factures des ménages et la réduction des émissions des gaz à effets de serre.
Avec la structuration des « éco-compagnons », nous nous engageons dans cette dynamique nouvelle, anticipant le modèle de développement de demain.
Au-delà, des dispositifs d’aide financière aux travaux d’isolation, le groupe socialiste a souhaité créer un outil de :
- sensibilisation sur les questions énergétiques
- d’information sur les différentes aides financières existantes
- d’accompagnement des ménages engagement dans des travaux d’isolation.
L’équipe d’« éco-compagnons » ira à la rencontre des franciliens pour leur fournir conseils et appui afin qu’ils deviennent eux-mêmes acteurs : elle leur présentera les dispositifs existants et les solutions les plus économes, les structures d’aides aux particuliers, les financements possibles. Les « éco-compagnons » seront les traits d’union entre les particuliers, les structures publiques et les associations. Ils pourront nouer des relations approfondies avec les entreprises de l’économie sociale et solidaire, notamment celles qui se développent dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Emploi des jeunes
Compte tenu des difficultés rencontrées par les jeunes dans l’accès à l’emploi (Près de 23% de chômage chez les 15-24 ans en France, 40% dans certains quartiers populaires), les élus socialistes souhaitent que le contingent des éco-compagnons soit intégré au dispositif emploi tremplin.
Dans le cadre d’une réforme du règlement intérieur des emplois-tremplins, les éléments suivants seront pris en compte :
Des modalités spécifiques :
- impératif de formation (relations sociales – connaissance des enjeux et des dispositifs relatifs à la précarité énergétique – notions sur l’accompagnement des publics) ;
- privilégier les premiers niveaux de qualification dans le recrutement ;
- impératif de tutorat des jeunes embauchés par les structures ;
- souhait d’une visibilité spécifique du dispositif « éco-compagnons » (tenue, logo, etc.)
Concernant les questions liées à la formation, qui constitue un élément central de ce dispositif « éco-compagnons », la Région sera particulièrement exigeante et pourrait elle-même élaborer le contenu de la formation de ces jeunes, avec obligation de la dispenser avant la prise de poste. Il faut réfléchir à la question du tutorat, en intégrant les « éco-compagnons » dans une équipe pluridisciplinaire. Une personne qualifiée serait responsable du suivi des « éco-compagnons » et un travail serait mené pour assurer une évolution vers un autre emploi pérenne et en lien avec l’expérience acquise des « éco-compagnons ».
l’intervention en séance d’Aurore Gillmann, Conseillère régionale PS :


