Les élus socialistes à Doue (77) pour exiger le moratoire d’urgence sur l’exploration de gaz et de pétrole de schiste

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Après avoir demandé solennellement un moratoire d’urgence sur tous les forages d’exploration de gaz de schiste prévus ou en cours en Ile de France, les élus socialistes, Jean-Paul Huchon en tête, se sont rendus à Doue, en Seine-et-Marne, où les travaux ont déjà commencé.

« Fracturation hydraulique »

Face à la mobilisation des associations et des élus locaux, la Ministre de l’Ecologie Nathalie Koscisko-Morizet a demandé vendredi 4 février la suspension des forages de prospection du gaz de schiste en France. Les travaux ont pourtant bel et bien commencé en Île-de-France. La Seine-et-Marne est le département francilien le plus touché puisque trois permis d’exploration y ont été attribués à Doue, Signy-Signets et à Jouarre, au cœur du projet de Parc naturel régional (PNR) de la Brie et des deux Morin.

Aux cotés de Jean-Paul Huchon, Marie Richard, Geneviève Wortahm et Eduardo Rihan Cypel, Conseillers régionaux socialistes élus dans le 77 ont pu le constater : à Doue, aucun panneau, aucune inscription ne permet de connaître la nature des travaux effectué par la compagnie TOREADOR-HESS. Et en effet, le code minier ne l’impose pas. Ce serait pourtant bien le moins quand on connaît les conséquences sur l’environnement de l’extraction dite par « fracturation hydraulique ».

Aux Etats-Unis et au Canada, où cette technique est utilisée depuis 2005, les associations de sauvegarde de l’environnement et les populations habitant les environs des zones d’extraction ont pu constater la pollution durable du sous-sol et la contamination des nappes phréatiques par des composés cancérigènes ou toxiques entraînées par cette technique ultra-consommatrice en eau.

En plus d’aller complètement à l’encontre du projet de la majorité régionale qui souhaite développer un nouveau modèle énergétique et environnemental francilien, l’exploitation du gaz de schiste se révèle très risquée pour les sous sols d’Île-de-France.

Opacité

En mars 2010, le Ministère de l’Ecologie a accordé, sans aucun débat public ni concertation préalable avec les collectivités locales concernées, des permis d’exploration exclusifs à plusieurs multinationales dont Total et GDF-Suez, sur une zone géographique incluant des territoires d’Île-de-France, en Essonne et Seine-et-Marne.

Nul ne connaît le montant des contreparties financières que le gouvernement a négociées en échange de ces permis d’exploration, pas plus que les (éventuels) engagements pris par les bénéficiaires pour respecter les sous-sols et les nappes phréatiques environnant les zones de forage.

Et l’opacité du gouvernement en la matière n’a d’égale que celle de ces compagnies bénéficiaires. A Doue, la demande de réunion publique d’information adressée à l’entreprise TOREADOR-HESS sur ses projets concernant la commune est restée lettre morte et aucune information n’a été apportée au maire de la commune, encore moins aux habitants.

Un mutisme d’autant plus troublant quand on sait que le vice-président de la Compagnie TOREADOR-HESS, qui s’est vu accordé les autorisations de travaux du site de Doue se nomme Julien BALKANY, demi-frère de Patrick BALKANY. Encore un dossier qui risque d’alimenter les soupçons de collusion et de conflits d’intérêts.

Pour le Groupe socialiste, les récentes déclarations de Nathalie Koscisko-Morizet ressemblent davantage à un scénario de sortie de crise qu’à une volonté d’apporter toute la lumière sur cette affaire. Un moratoire d’urgence sur tous les forages d’exploration prévus ou en cours en Ile de France est plus que jamais indispensable.