Après l'annonce du "Plan Jeunes" de N. Sarkozy, les actes ne suivent pas les paroles : l'exemple des E2C.
Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d’Ile-de-France, a regretté jeudi, lors de l’inauguration de l’Ecole de la deuxième chance (E2C) du Mantois, que le gouvernement n’honore pas les engagements du Président de la République sur le financement des E2C.
Dans son discours sur l’emploi des jeunes du 24 avril dernier, le Président de la République s’était engagé à assurer de manière durable un tiers du financement des E2C. « Avec 2,3 millions d’euros sur 2009, soit environ 20% du fonctionnement des E2C, nous sommes loin du compte, d’autant que l’Etat compte parallèlement diminuer l’intervention du Fonds social européen dans les mêmes proportions ! Nous n’avons de plus aucune assurance quant à la pérennité de ce soutien », a déclaré Jean-Paul Huchon.
Pour la Région Ile-de-France, offrir une seconde chance à des jeunes sortis sans qualification du système scolaire est une priorité absolue, encore plus en cette période de crise. Depuis 2002, la Région soutient le développement des E2C franciliennes, dont elle est le premier financeur, avec 30% du budget de fonctionnement et 45% des coûts globaux en intégrant la rémunération des stagiaires. Cela représente 14 millions d’euros entre 2002 et 2008, et plus de 5 millions en 2009. L’objectif reste de doubler en deux ans les places offertes en E2C, pour atteindre 2400 places en 2011.
Un passeport vers la réussite
Des E2C fonctionnent aujourd’hui dans six des huit départements franciliens, donnant aux jeunes le coup de pouce indispensable pour repartir du bon pied. Elles sont en cours de création dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Dans les Yvelines, l’E2C du Mantois a rejoint celles de Saint-Quentin et des Mureaux.
Passeport vers la réussite pour les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification, l’E2C du Mantois, qui avait ouvert en décembre 2008 dans des bâtiments provisoires, est désormais installée à Magnanville, dans d’anciens locaux d’EDF. Elle a accueilli depuis son ouverture plus d’une cinquantaine de jeunes, à qui elle propose un parcours personnalisé alternant formation de base à l'école et stages en entreprise, validé par un certificat de compétences. A la sortie, les deux-tiers des jeunes trouvent un emploi ou une formation qualifiante.
A l’occasion de cette inauguration en présence d’Edith Cresson, Présidente de la Fondation des Ecoles de la deuxième chance, Jean-Paul Huchon a exprimé sa conviction que l’on peut « tordre le cou à la fatalité de l’exclusion sociale des jeunes pour peu que l’on y mette les moyens ».
L’insertion des jeunes, priorité absolue pour la Région
La Région assure chaque année la formation de plus de 30 000 jeunes qui connaissent des difficultés d’insertion.
Elle finance à hauteur de 12 millions d’euros par an les missions locales, un acteur central que les jeunes connaissent bien. Ils y trouvent écoute, information, orientation et accompagnement. C’est grâce à elles que beaucoup d’entre eux découvrent, par exemple, l’existence des E2C.
La Région a créé d’autres dispositifs qui accompagnent les jeunes et améliorent leurs qualifications. Doté de plus de 56 millions d’euros, le programme régional Avenir Jeunes offre 20 000 places par an à ceux qui ont des lacunes profondes à combler, des problèmes sociaux à résoudre, en leur permettant d’acquérir des savoir-faire et des savoir-être et de construire un projet professionnel. La Région finance ensuite des programmes pré-qualifiants et qualifiants permettant d’acquérir des compétences professionnelles et d’accéder plus aisément à l’emploi.
La Région est aussi à l’origine du très fort développement en Ile-de-France d’un mode de formation qui a fait ses preuves en matière d’insertion professionnelle des jeunes : l’apprentissage. La Région y consacre 381 millions d’euros en 2009, près de 10% de son budget. Les résultats sont là. Près de 90.000 jeunes ont fait leur rentrée dans les CFA franciliens pour l’année scolaire 2009-2010, une progression de 50% des effectifs depuis 1998.
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